Education au consentement

Education au consentement et plaisir féminin: il est grand temps de s’y mettre

Pour un peu, on te remercierait Harvey,….enfin… Bref, grâce à toi, on va enfin parler d’éducation au consentement et modifier les comportements partout dans le monde. Finalement, tu seras peut-être celui par lequel la solution est arrivée, en même temps que le scandale….C’est quand même fou le pouvoir d’Hollywood… ! Et justement, c’est de cinéma et de télévision que nous voulons parler ici, et du rôle éducatif qu’ils jouent sur le public en général, et sur les hommes en particulier, dans leur relation aux femmes…

Plaisir féminin et consentement : l’un est-il le préalable de l’autre ?

C’est bien de se poser la question de cette manière car elle est d’emblée ambiguë et c’est justement une partie du problème.

Car OUI évidemment, le consentement est un préalable au plaisir (sexuel) féminin : c’est ce que ne cessent de nous expliquer tous ces témoignages depuis le démarrage de l’affaire WEINSTEIN. Tout le monde en parle déjà, du coup, on va parler d’autre chose.

Mais OUI aussi, le plaisir féminin est un préalable nécessaire au consentement : pour consentir au désir de quelqu’un et le désirer à notre tour, on a d’abord besoin de vivre ces phases d’approche, de séduction, ces moments qui vont nous permettre de prendre un certain plaisir (très féminin mais pas que !) à ressentir ces vibrations quand on réalise qu’on est sur la même longueur d’onde. Le plaisir féminin commence bien avant le sexe….on est d’accord !?

Ce que révèle cette ambiguïté, c’est que « plaisir féminin » et « consentement » sont intimement liés dès le démarrage d’une rencontre, qu’il est difficile de dire lequel des deux est le premier, et qu’il est possible que certains hommes (parce que on ne va pas tourner autour du pot, c’est surtout d’eux qu’il s’agit quand on parle de « problème de consentement » d’une femme) n’aient pas toutes les clés pour comprendre. Car tous ces hommes qui pratiquent consciemment ou inconsciemment ce harcèlement sexiste ou sexuel ne sont pas forcément des prédateurs. Beaucoup sont ainsi sans même s’en rendre compte, parce qu’ils n’ont pas été éduqués, parce qu’ils ne savent pas lire le langage du consentement et du plaisir féminin. Et comme il faut bien reconnaître qu’il nous arrive de cultiver une certaine ambiguïté qui fait aussi partie de notre charme (à ce sujet, permettez-nous de vous rappeler de revoir ce merveilleux film « Great expectations » où la sublissime Gwyneth Paltrow rend complètement dingue le non moins beau Ethan Hawk (ils pourraient nous rendre bi-sexuelles ces deux-là !) dans un jeu « je ne consens à rien de ton désir mais je t’exprime le mien sans retenue (en d’autres termes : « je t’allume quand même grave »).

Plaisir féminin et éducation au consentement: Tea Consent

Pour instruire ce dossier de l’éducation au consentement, nous citerons 2 publications récentes et pleines de sens :

Tea Consent : c’est une vidéo qui explique, en remplaçant dans un scénario animé le concept de « relation sexuelle » par une tasse de thé : elle court sur Facebook, totalise des millions de vues sur YouTube, en expliquant avec beaucoup d’esprit qu’il ne faut pas forcer à boire une tasse de thé, quelqu’un qui vous a dit qu’il n’en voulait pas, ni quelqu’un qui est inconscient, ni même quelqu’un qui vous a dit oui et qui finalement change d’avis au moment de la boire ! Simple, basique, comme dirait Orelsan !

Plaisir féminin et éducation au consentement: les contre-exemples d’Hollywood!

Un article de David Wong sur cracked.com, nous explique les 7 raisons pour lesquelles les hommes ne comprennent pas le langage du consentement sexuel. David met notamment en exergue les repères à contre-sens souvent donnés dans les différents médias par lesquels ils ont fait leur éducation d’homme dans leur relation aux femmes. Les voici en résumé :

1-Combien de films de cinéma ont montré au public masculin des femmes tomber réellement amoureuses d’hommes qui ont commencé par les prendre de force ? Déjà, il y a tous les acteurs qui ont incarné James Bond, Harrison Ford qu’il soit héros de Blade Runner ou d’Indiana Jones, Antonio Banderas dans Zorro…Bon OK, ils sont tous super séduisants, et on peut comprendre les « victimes » qu’elles craquent assez vite, mais c’est vrai que le message est plus qu’ambigu. Et quand on constate que même dans Ratatouille, le héros embrasse de force son assistante qui sort d’abord sa bombe lacrymogène avant de se rétracter et de succomber…, on se dit qu’il y a effectivement du boulot dès le plus jeune âge…

2-«Demander la permission serait un signe de faiblesse » c’est du moins ce qu’expliquent certaines filles avec une moue super expressive dans des séries TV que David a retrouver.

3-« Nous aimons être conquise, et donc nous cultivons un peu le genre « inaccessible »…Pas faux, pas faux..

4-Certaines pub (euh, …beaucoup de pub) pour les maillots de bains, la lingerie, la mode, le parfum, induisent les hommes en erreur : alors qu’elles démontrent souvent l’effet irrésistible de séduction que ces produits peuvent avoir sur les hommes, ces derniers ont ensuite du mal à comprendre que dans la vraie vie, nous mettons un maillot de bain juste pour nous baigner quand nous sommes à la plage, un parfum parce que nous trouvons qu’il sent bon quand nous allons au bureau etc….

5-La caricature d’une agression sexuelle, c’est quand un homme attaque une femme dans une ruelle sombre avec un couteau…. Mais quand c’est James Bond qui embrasse de force une James Bond girl avant qu’elle fonde d’amour pour lui….les hommes doivent-ils comprendre qu’ils sont en présence d’un « prédateur » ou d’un séducteur vraiment très sûr de lui,…(et il faut reconnaître que nous aussi, avec Sean Connery, on pourrait vite succomber hein ?)

6-Notre société judéo-chrétienne a un peu imposé l’idée que « tout rapport sexuel en dehors du mariage (hétérosexuel of course) est mal », même s’il est consenti par les 2 partenaires. Donc le consentement, pour l’Eglise, « ça ne vaut pas » !!! Bon, c’est vrai que ça existe encore, mais quand même, de ce côté-là, on a fait des progrès…

7-La dernière est la plus croustillante, car elle s’accompagne d’une photo de Donald Trump…. « Les mecs sont comme ça » dit-on : ils ont des poussées hormonales qui leur donnent ces fantasmes auxquels répondent ces publicités et ces films…qui les alimentent…Ainsi est entretenue ce cercle vicieux pour les uns et vertueux pour les autres (ceux qui pensent consommation, nombre de spectateurs…), par les plus puissantes industries qui guident (et éduquent) les hommes de nos sociétés occidentales de consommation : le cinéma/la télévision, et la publicité.

Et que dire encore de l’industrie de la pornographie qui éduquent nos enfants à partir de 11 ans….Que dire? Ben justement, ce sera le sujet d’un de nos prochains articles…

 

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