Interview de la sexologue Thérèse Hargot : difficile de ne pas être séduite !

Ça faisait plusieurs mois qu’on voulait rencontrer la sexologue Thérèse Hargot, parce qu’on sentait bien, depuis la publication de son livre « Une jeunesse sexuellement libérée (ou presque) », qu’on aurait plein de choses à se dire, et que « le plaisir féminin » serait tout-à-fait « dans ses cordes ».

On n’a pas été déçues ! Difficile de ne pas être totalement sous le charme de cette (très) belle femme, lumineuse et charismatique, tout aussi capable d’exprimer 3 idées à la minute que de vous écouter (elle arrive à s’interrompre net en plein milieu d’une démonstration menée « tambour battant » si elle voit que vous avez quelque chose à dire). Bref, on est fan, et on va vous raconter pourquoi en 3 questions.

Thérèse Hargot, quelle est votre actualité ?

Intéressante et révélatrice, sa première réponse à cette question c’est : «Oh,  pas grand-chose »…En grattant un peu, on comprend qu’elle n’a « que » 2 livres en cours d’écriture, mais qu’elle travaille aussi sur un programme de formation à destination des éducateurs qui ont à faire à des adolescents…Son objectif ? Les aider avec des repères et des réponses simples face à des questions qui relèvent de l’éducation sexuelle et qui peuvent surgir à tout moment de la part d’enfants souvent essentiellement « nourris » par la pornographie.

OK, finalement, c’est vrai que ce n’est pas grand-chose ! 😉

Thérèse Hargot, Quelle place pour le plaisir féminin dans les différentes religions ?

Ce sujet-là est arrivé très naturellement dans la conversation parce que dans son prochain livre, Thérèse Hargot va justement parler « sexualité » avec un évêque. Issue d’un milieu catholique, notre sexologue s’est retrouvée naturellement en position d’interroger un haut représentant de l’Eglise, en attendant d’aborder les mêmes questions un jour avec le pape (on a le droit d’avoir un peu d’ambition non ?). Là-dessus, le débit de parole s’accélère, on sent que le sujet la brule : « La religion catholique a du mal avec la notion de plaisir dans la sexualité. Pour l’église par exemple, la masturbation est un pêché ! Mais si l’Eglise dans son profond respect du corps humain, estime que chaque organe existe pour servir à quelque chose…comment justifier l’existence du clitoris, dont la seule vocation est justement le plaisir…de la femme ? ».

Du coup, on s’est dit que ce serait super intéressant qu’elle interpelle aussi un imam et un rabbin sur les mêmes questions. Peut-être même que ça pourrait faire l’objet des tomes 2 et 3 d’une brillante trilogie… ! A suivre.  Il faut dire que Thérèse Hargot n’est pas femme à se laisser enfermer dans un cadre ou des aprioris ! Même si elle a des convictions, elle garde l’esprit ouvert, et recherche même la contradiction…

Thérèse Hargot, entre Hollywood et la pornographie, comment la société éduque t’elle les jeunes au consentement ?

Thérèse Hargot répond d’emblée qu’il est vrai que cette éducation est nécessaire, et que son objet est double : savoir obtenir le consentement est un préalable à une relation sexuelle, mais il faut aussi savoir refuser de le donner. Savoir dire NON quoi ! Et très vite, la sexologue bifurque sur la question super « touchy » de la part de plaisir inavouable qu’il peut exister chez une jeune fille victime d’un abus sexuel. Oh, évidemment on ne parle pas d’un viol en bande organisée, mais de ce cas super ambigu du grand cousin de 15 ans qui vient caresser sa petite cousine si jolie : une caresse en général, c’est agréable, c’est doux,…mais à partir de quand et où cette caresse devient-elle un geste inadéquat, déplacée, et même un abus sexuel ? Si la petite cousine n’a pas été « briefée » avant, difficile pour elle de le savoir ! Et si elle l’apprend trop tard, ce plaisir qu’elle a ressenti peut générer un sentiment dévastateur de culpabilité qui peut avoir de fortes conséquences sur sa vie sexuelle d’adulte…

Thérèse Hargot nous confiait qu’elle recevait parfois des mères de famille désemparées qui partaient d’interrogations du genre : « ma fille a 9 ans, et elle regarde des films pornos…Qu’est-ce -que je dois faire »?

En somme l’éducation des jeunes, avant même l’adolescence, c’est l’alpha et peut-être même l’omega d’une sexualité heureuse et épanouie…et c’est aussi une urgence ! Pas étonnant que notre experte ambitieuse se soit attachée en priorité à cette mission impérieuse.

Bref, si vous avez besoin d’une sexologue, d’une oreille attentive et de conseils de qualité, Thérèse Hargot pourrait être une excellente alternative… Si elle a encore de la place dans son emploi du temps chargé! Pas besoin d’habiter Paris, vous pouvez consulter sur SKYPE (on l’appelle déjà de New York, de Suisse…). Nous, on a presque regretté de ne pas avoir de problèmes sexuels à lui confier… En tout cas, on a très envie de la revoir et de mener des projets avec elle.

PARTAGER CET ARTICLE

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *